À la conquête du sommet

Montagne ForozanPendant huit ans, mon client connut un succès à la mesure de ses buts professionnels. De surcroît, il occupa la première place au sommet des ventes durant les trois dernières années. Ce qui est un exploit, vous en conviendrez!

Toutefois, il y a bientôt dix mois, on l’avait poliment congédié à la suite d’une fusion. Depuis, malgré de nombreux efforts pour conjurer ce sinistre détour du sort, aucun emploi ne s’était pointé à l’horizon.

C’est le moral aplati que cet homme déconfit, frôlant la quarantaine, se présenta à mon bureau. Tout de go, il me déclara ses objectifs : Briser le cycle des entrevues sans lendemain et trouver enfin son gagne-pain.

À la séance suivante, il m’annonça qu’il était convoqué en entrevue chez une entreprise de renommée mondiale. Exalté, il se voyait déjà au sommet des vendeurs. Quoiqu’il éprouvât une certaine tension à l’éventualité de finir second.

Soucieux d’équilibrer ses perceptions, il en énuméra les avantages et les inconvénients en égales proportions.

Après avoir passé deux autres entrevues, mon client apprit finalement qu’il n’était pas retenu. À notre dernière séance, il me demanda de le guider. Il voulait appliquer la Loi de la transformation à sa malencontreuse situation.

Je lui répétai ce qu’il savait déjà : On ne peut changer la forme de ce qu’on a, tant qu’on ne l’aime pas.

Désabusé par des mois de rejets généralisés, il répliqua en soupirant : Comment arriver à aimer tous ces refus? Comment accepter le deuxième rang, alors que je suis né pour occuper le sommet?

Ce à quoi je surenchéris sans hésiter : Qu’est-ce qui te pousse à être bon premier? D’où vient ta satisfaction? Ragaillardi, il lança spontanément : C’est le goût de gagner un nouveau client! C’est le plaisir d’aller plus loin!

Saisissant le feu dans ses yeux, je poursuivis : Donc, si je comprends bien, ce qui t’anime, c’est la joie de la conquête! C’est ce que tu apprécies par-dessous tout, n’est-ce pas? Enflammé, il rétorqua : Oui! Et ça se voit que j’aime ça!

Homme sur la montagneJ’enchaînai : Puisque ce qui te motive, c’est la satisfaction d’être premier, que dirais-tu d’écouter ton élan? Séduit par l’idée, il déclara : Dès demain, je pars à la conquête de mon emploi idéal. Après tout, c’est vraiment dans la quête que je trouve ma joie!

Animé de cette certitude, mon client sentit battre son cœur de conquérant.

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Un idéal d’amour conjugal

Le couple conjugal par ScottoÊtes-vous de ces gens qui, comme moi, ont une idée définie du couple idéal qu’ils veulent recréer dans leur vie? À regarder l’arbre dont je suis le fruit, c’est à mes parents que je dois cette image bénie. Ils ont su me montrer très tôt la beauté naturelle de l’amour conjugal.

Disons aussi qu’à l’époque où les papillons de l’adolescence commençaient à me chatouiller les sens, le peace and love était en pleine effervescence.

Grâce à la pilule contraceptive, mes parents pouvaient enfin s’adonner à leurs rapprochements affectueux sans craindre d’augmenter accidentellement leur progéniture. Maman voyait dans cette invention un gage de liberté, dont elle faisait l’éloge avec fierté.

Je me souviens de l’époque où nous avions un chalet à la campagne. Et notamment de ce samedi de juillet, juste après le lunch du midi. Il faisait un temps bucolique. Toute la famille était réunie.

Comme j’étais l’aînée, ma mère me demanda de surveiller les enfants, m’expliquant qu’elle voulait faire une petite promenade, seule à seul avec mon père. En maillot de bains, papa s’empara d’une couverture et suivit maman à vive allure.

Curieux accoutrements pour une randonnée dans la nature!

Obéissante, quoique soupçonnant une certaine anguille sous roche, j’occupai les enfants. Deux heures plus tard, mes parents rentraient, les yeux particulièrement brillants…

Une autre chose que leurs regards faussement angéliques attira mon attention.

Il y avait d’abord la tête échevelée de ma mère, ponctuée par-ci par-là de mèches vert mousse me rappelant, mais alors là pas du tout vaguement, la végétation du champ voisin. Puis, je remarquai le dos de mon père, littéralement bombardé de piqûres de maringouins.

Ces indices traçaient un portrait bien différent de celui que ma mère mettait de l’avant. Ils évoquaient plutôt une tête plongée dans un lit de mousse verdoyant. Et un dos offert en buffet appétissant à tout insecte venant.

La bonne humeur contagieuse de papa et maman me donna à espérer pour moi-même et mon futur compagnon une complicité amoureuse d’aussi harmonieux diapason. Encore aujourd’hui, le parfum de connivence que ce souvenir dégage me donne envie de boire une fois de plus à cette fontaine de jouvence.

Le couple en coquelicotsPeu importe l’autel sur lequel on voudrait tant l’immoler, l’amour conjugal demeure le plus exigeant et le plus enrichissant de toutes les amours incarnées.

Et s’il n’est pas à l’extérieur, ce couple vit à l’intérieur.

Vous le connaissez. Il s’appelle Miss Yin et Mister Yang…

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